Justine ou Les Malheurs de la Vertu - Le Marquis de Sade

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Justine ou Les Malheurs de la Vertu - Le Marquis de Sade

Message par Admin le Jeu 5 Avr - 19:01



Résumé study  :

Rejetant la douce nature rousseauiste, Sade dévoile le mal qui est en nous et dans la vie.
La vertueuse Justine fait la confidence de ses malheurs et demeure jusque dans les plus scabreux détails l'incarnation de la vertu. Apologie du crime, de la liberté des corps comme des esprits, de la cruauté, « extrême sensibilité des organes connue seulement des êtres délicats », l'oeuvre du marquis de Sade étonne ou scandalise. « Elle paraît bien n'être, dit Klossowski, qu'un seul cri désespéré, lancé à l'image de la virginité inaccessible, cri enveloppé et comme enchâssé dans un cantique de blasphèmes. »
C'est aussi une oeuvre d'une poésie délirante et pleine d'humour noir.

Mon avis Smile  :


Après une dédicace qui oriente le sens de la lecture, ce roman permet à la fois de contempler un panel de vice dans une société ouvertement corrompue exacerbé à l'extrême ainsi que de nous amener vers ce que certains nomme: la folie de Sade. Au delà des détails poétiques mais scabreux des vicissitudes des bourreaux de Justine, Sade nous dépeint une idée de "société idéale" libérale où régnerai une sorte de chaos auto-régulé où le fantasme deviendrai réalité et où la violence serait autorisée (uniquement punie par la vengeance): en soit: une société régie par peu de loi morale.
Une lecture au delà de la réputation pornographique de Sade.
Un gros oui pour cette lecture riche en émotion et en horreur !
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Re: Justine ou Les Malheurs de la Vertu - Le Marquis de Sade

Message par Admin le Ven 6 Avr - 15:14

Dédicace de Justine:

" A MA BONNE AMIE.
Oui, Constance, c’est à toi que j’adresse cet Ouvrage ; à la fois l’exemple & l’honneur de ton sexe, réunissant à l’ame la plus sensible l’esprit le plus juste & le mieux éclairé, ce n’est qu’à toi qu’il appartient de connaître la douceur des larmes qu’arrache la Vertu malheureuſe. Détestant les sophismes du libertinage & de l’irréligion, les combattant ſans, cesse par tes actions & par tes diſcours, je ne crains point pour toi ceux qu’à nécessités dans ces Mémoires le genre des perſonnages établis ; le cynisme de certains crayons (adoucis néanmoins autant qu’on l’a pu) ne t’effrayera pas davantage ; c’est le Vice qui, gémissant d’être dévoilé, crie au scandale auſſitôt qu’on l’attaque. Le procès du Tartufe fut fait par des bigots ; celui de Juſtine sera l’ouvrage des libertins, je les redoute peu : mes motifs dévoilés par toi, n’en seront point désavoués ; ton opinion ſuffit à ma gloire, & je dois après t’avoir plu, ou plaire universellement, ou me consoler de toutes les cenſures.

Le dessein de ce Roman [pas ſi Roman que l’on croirait] est nouveau sans doute ; l’ascendant de la Vertu sur le Vice, la récompenſe du bien, la punition du mal, voilà la marche ordinaire de tous les Ouvrages de cette espèce ; ne devrait-on pas en être rebattu !

Mais offrir par-tout le Vice triomphant & la Vertu victime de ses ſacrifices, montrer une infortunée errante de malheurs en malheurs ; jouet de la scélérateſſe ; plastron de toutes les débauches ; en butte aux goûts les plus barbares & les plus monstrueux ; étourdie des ſophismes les plus hardis, les plus ſpécieux ; en proie aux séductions les plus adroites, aux subornations les plus irrésistibles ; n’ayant pour oppoſer à tant de revers, à tant de fléaux, pour repousser tant de corruption, qu’une ame sensible, un esprit naturel & beaucoup de courage : haſarder en un mot les peintures les plus hardies, les situations les plus extraordinaires, les maximes les plus effrayantes, les coups de pinceau les plus énergiques, dans la seule vue d’obtenir de tout cela l’une des plus sublimes leçons de morale que l’homme ait encore reçue ; c’était, on en conviendra, parvenir au but par une route peu frayée jusqu’à présent.

Aurai-je réussi, Constance ? Une larme de tes yeux déterminera-t-elle mon triomphe ? Après avoir lu Juſtine en un mot, diras-tu, « O combien ces tableaux du Crime me rendent fiere d’aimer la Vertu ! Comme elle est sublime dans les larmes ! Comme les malheurs l’embélissent ! »

O Constance ! que ces mots t’échappent, & mes travaux sont couronnés. "

source: https://fr.wikisource.org/wiki/Justine,_ou_les_Malheurs_de_la_vertu/d%C3%A9dicace
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